mercredi 7 septembre 2016

Petit manuel à l'usage des jeunes violés qui ne le savent pas encore.

Cher ami violé,

Le but de ce manuel est de t'aider à reconnaître les violeurs potentiels, afin de mieux t'en défendre. Plutôt que de faire de la philosophie de haute volée dont je suis coutumière, j'ai choisi comme La Fontaine, l'approche d'une petite fable animalière en apparence banale, mais qui je l'espère te sera d'un grand secours.

Le principe du violeur est de te dénier l'accès à l'espace démocratique, en te privant des outils du dialogue, ce qui revient à t'imposer ses vues par la force, ce qui est le principe du viol.

Mettons que tu partages un espace avec une personne qui entretient des animaux domestiques, par exemple des chats. Normalement, cette personne, qui entretient cette addiction dans le but de résoudre des problèmes personnels et de se donner de soi-même une bonne image de bienfaiteur du vivant, devrait te demander si cela te convient. Mais elle ne le fait pas, et examinons pourquoi

Mettons que les chats te dérangent parce que tu n'aimes pas l'odeur de leur pipi et de leur caca, ce qui peut se comprendre, tu n'aimes pas être dérangé la nuit par leurs miaulements incessants, ce qui peut se comprendre, tu n'aimes pas retrouver leurs poils partout, y compris dans ta nourriture, tu n'aimes pas voir sur toutes les surfaces de cuisine où tu prépares ta nourriture, l'empreinte de leur pattes pleines de traces de la litière où ils ont gratté leurs excréments, tu n'aimes pas leurs puces, les visites chez le vétérinaires, les angoisses perpétuelles dès qu'ils ne sont pas revenus à l'heure, les fortunes dépensées en croquettes médicalisées etc

Bref, ton attitude va finir par devenir suspecte, et l'assistance va te pointer du doigt et te poser la question qui tue " Mais pourquoi tu n'aimes pas les chats ? " Car il faut aimer les chats. Le chat tu aimeras comme toi même. C'est un diktat. Le chat est " trop mignon", quand il miaule, quand il tourne la tête / la patte / la queue, le chat est " trop mignon " quand il miaule, quand il pisse, quand il chie, et où qu'il vomisse le chat est " trop mignon ". Donc il faut aimer le chat.

Là, tu vas te récrier : ce n'est pas que tu ne les (parce que l'amateur de chat serait déshonoré de ne pas en avoir une douzaine, comme les collectionneurs de photos pornos, qui en ont des disques durs emplis) aimes pas, c'est que leurs nuisances te sont moyennement agréables.

Mais devant ce crime de ne pas aimer les odeurs du chat, tu cherches un argument valable. C'est difficile. Il n'y a pas de bonne raison de ne pas aimer l'urine et le poil de chat.

Prête moi bien ton attention, ami violé, car je vais introduire une anecdote dans l'anecdote, et c'est là que va résider l'outil principal de la stratégie de coercition du violeur.

Ce que va récuser le violeur, te déniant ainsi la possibilité d'accès à l'espace du débat démocratique (ce qui l'ennuierait, il préfère prendre son plaisir même si tu n'es pas d'accord), c'est ta santé mentale, ta raison. Oui oui, tu as bien entendu.
Te rejeter dans le camp des fous, c'est de placer de facto dans le groupe de ceux avec qui " on ne peut pas discuter ". Et donc, on ne leur demande plus leur avis, caractéristique du violeur, on me l'accordera.

Comment le violeur va-t-il s'y prendre. Il va récuser ton point de vue comme " incommensurable " avec le sien. C'est à dire que " ce n'est pas la même chose". Tends bien l'oreille, ami violé, car à ce petit son de cloche tu reconnaîtras la botte du nazi qui effleure tes fils d'alarme

" Ce n'est pas la même chose " signifie au violé " Demi-tour, hors d'ici, tu n'as plus accès au débat, tu n'as plus droit à la parole, car tes propos sont déraisonnables. Donc pas digne d'être écoutés. Tes arguments n'en sont pas donc nous allons continuer à te violer, cqfd ".

" Tes arguments n'en sont pas." cela fait bizarre, dit comme ça. Et pourtant...

Voici l'anecdote. Tu es assis dans un canapé, le violeur est assis à une table en train de travailler, et il est importuné par une mouche qui se pose sans cesse sur sa figure, l'empêchant de se concentrer sur son ouvrage.

Là le violeur peste après la mouche, il hurle, s'exaspère, cherche à la tuer, n'en peut plus, jure, crache, tape la mouche avec ce qui lui tombe sous la main, et l'écrase dans une grande satisfaction.

Tenant l'occasion de lui faire sentir ce que c'est que de subir, et les sentiments que cela déclenche, ami violé, tu vas risquer un petit " Tu n'aimes pas les mouches ? "

Et  là : " Arrête, ça n'a rien à voir, ce n'est pas du tout la même chose". voilà la sentence est tombée, ton propos est discrédité. Ce n'est pas la même chose. Ce que tu ressens toi, ami violé, et ce que ressens le violeur, ce n'est pas la même chose.

Ce que ressent le violeur, c'est une légitime exaspération qui lui donne le droit de vie et de mort. Ce que tu ressens, n'est qu'une une outrance maladive due à ton hypersensibilité qui fait que tu devrais aller consulter un psy. Tu es relégué au rang des imposteurs. Le violeur vit ses pulsions sur un mode qui sera éternellement celui de la légitimité, quelles qu'elles soient. Le violé vit dans l'outrance de sa demande, dans la perpétuelle impudence d'oser s'exprimer, ce dont il faut qu'il se repente et se guérisse.

Et c'est tellement peu du même monde, d'oser ressentir pour un violé, qu'oser supposer comme tu le fais que tes ressentis sont aussi recevables que ceux du violeur, ou pire tenter de fonder là dessus un argument, c'est si déraisonnable, que tu es rejeté dans le camp des fous, avec les conséquences que l'on a vues.


Repère bien le fil de cet argumentation, ami violé : tu es fou parce que tu dis des choses déraisonnables.Et ce que tu dis de déraisonnable, c'est d'oser insinuer qu'il y aurait une commune mesure entre ce que tu ressens, souhaite exprimer ou poser comme admissible, et ce que le violeur pense. 

Il y a deux types de citoyens, de penseurs et d'êtres : d'une part le violeur aryen, le mâle blanc occidental, directeur commercial, ingénieur en électronique... Qui pense correctement et impose l'application de son point de vue aux autres, et d'autre part le sous-homme, noir, femme... Qui n'ont que des lubies illégitimes.


Il est déraisonnable d'oser insinuer pareille chose parce que ce que tu ressens est de l'ordre du futile et donc de l'exagéré. Ce que tu dis relève de l'excessif, alors que ce que dit le violeur est marqué du sceau de la normalité, et partant du légitime. Sa volonté doit donc être appliquée.

Comment le violeur parvient-il à faire de son avis la norme ? Ah tu as trouvé la question centrale, ami violé. C'est très simple, c'est l'inverse : il lui suffit de faire norme l'avis de la majorité. Il n'a rien à faire, puisque c'est ce qui est universellement reconnu, et même érigé en axiome de gouvernement politique, c'est dire. Tout le monde élève des chats, donc il est normal, et partant, obligatoire,  d'avoir un animal de compagnie. Telle est l'équation. et si tu ne te conformes pas au modèle, tu es anormal. Tu n'aimes pas les chats, les enfants, les insectes, la vie, quoi.

Donc tu es un pervers, un déviant, un délinquant, un louche. Je mentionne les insectes, car la haine fonctionne sur le même modèle. Parcourez dans une jardinerie le rayon en -cide, et vous verrez les ennemis de la nation sur les boîtes en carton.

Le violeur a décidé que telle plante pousserait là, et tout ce qui se dresse sur son chemin doit être abattu. Tout doit se plier à sa volonté, dans un sens comme dans l'autre. Les chieurs gouvernent le monde.

Alors que faire ? Fuir. Il n'y a hélas pas d'autre solution. Le violeur est psycho-rigide, car sa survie en dépend. En fait, il n'a aucune bonne raison " d'aimer les chats ". Il impose ces rituels aux autres car cela lui apporte quelque chose. Il a du mal à communiquer avec les humains, il a l'impression qu'il fait du bien à quelqu'un, que quelqu'un dépend de lui (pour la nourriture etc.), si tu cherches, d'une façon ou d'une autre, tu trouveras que le mode de vie que le violeur impose aux autres est un moyen de se faire du bien face au vide et au manque de légitimité de sa vie réelle.

Ce qu'il soulage est souvent assez pitoyable et peu avouable, donc il aura besoin de le déguiser sous des tonnes de mauvaise foi, donc, sachant qu'il n'aura jamais gain de cause, sa seule issue est de te barrer la voie au dialogue et te renvoyer au camp d'internement de la déraison.

Alors comme les juifs et les intellectuels pendant la guerre, devant les nazis, fuis. Il n'y a pas de négociation possible avec le psychorigide totalitaire, il te violera car il a besoin de se prouver des choses, et c'est sa façon de se prouver qu'il a raison, et que son monde absurde est cohérent.

N'oublie pas que le violeur aura toujours tendance pour se défendre, lui, de cette faiblesse qu'il sait inhérente à sa démarche, à utiliser deux stratégies :

  • le camouflage : il fait comme tout le monde. Le violeur choisit des activités hautement " socialisées ". Le chasseur s'approprie la vie d'animaux, il s'arroge le droit de tuer des êtres qui ne demandaient qu'à vivre, et ce au prétexte que la société de chasse lui a vendu le droit de le faire. Ils sont ainsi des millions répartis sur le territoire.
    L'éleveur s'approprie la vie d'animaux qu'il détruit au prétexte " qu'il faut bien manger". Le pollueur détruit l'habitat naturel des animaux au prétexte " qu'il faut bien faire des zones de fret logistique pour les poids lourds".
    L'homme viole la femme au prétexte qu'il " faut bien " qu'il se vide les couilles. De tous temps, partout, les violeurs s'imposent en masse, et écrasent sous la masse de leurs usages, les tentatives de remise en question de leurs pratiques.
    Le violeur a du bide, et il le pose sur la bouche de la victime, histoire qu'on n'en discute pas. Le violeur souille l'eau, mais " il faut bien qu'il se lave", il souille l'air mais " il faut bien qu'il aille au boulot", il viole le silence mais " il faut bien qu'il prenne l'avion". Il emplit l'espace et le silence de ses éructations assourdissantes, il lance tous les moteurs à explosion possibles, pour emplir le vide de sa vie, pour qu'aucune remarque sur le vide atterrant de sa vie ne puisse se frayer un chemin dans un silence propice.
  • le renversement de perspective : Il va transformer la victime en bourreau : tu l'empêches d'avoir des animaux, tu n'es pas gentil, tu lui enlèves la seule joie qu'il a dans la vie, tu le prives de distraction, de ses besoins vitaux, bref tu es un bourreau et lui une victime. Tu voudrais qu'on arrête le progrès, qu'on revienne au temps de la bougie, tu n'es pas réaliste. Il faut bien occuper les jeunes, le dimanche matin, donc on va faire un stade de foot, et puis il faut bien des projecteurs pour l'éclairer, et des tondeuses pour couper l'herbe.
    Quoi, tu es contre les jeunes, contre le sport, contre l'entretien des espaces verts ?
    En réalité, le mâle s'emmerde le dimanche matin. Son chef détesté au boulot ne lui dit plus ce qu'il faut faire, donc il reste les bras ballants, il ne sait plus quoi faire. Il n'y a pas de foot et de courses de petites voitures à la télé : le mâle s'emmerde, sa vie est vide. Donc il faut donner des prétextes aux mâles pour remplir leur vie, c'est à dire aller s'amuser à la baballe dans la cour, et montrer leur béhème à leurs copains de récré le dimanche matin, leur évitant ainsi de faire le ménage et la lessive, que bobonne fera pendant qu'elle prépare le repas.
    Mais malheur à elle si elle fait une remarque sur les chaussures pleines de terre lancées à la volée par le père et le fils au retour de leurs exploits musculaires : elle est maniaque, la femme de ménage, elle est " trop propre", on doit adorer le fétiche du pied puant de l'homme qui rentre de la distraction à la baballe avec ses petits camarades d'école, on doit regarder, attendrie et l’œil mouillé de tendresse, papa et le petit se vautrer devant les écrans en attendant qu'on leur serve l'apéro.
Imagine les médecins des camps de concentration reprocher aux libérateurs de prisonniers de les empêcher de faire avancer la science. Cela paraît aberrant, et pourtant c'est le genre d'arguments que le violeur t'opposera tant qu'il sera au pouvoir.


Voilà. J'espère que cette modeste fable t'a plu, et surtout, que tu pourras garder en mémoire le canevas et les voies du violeur. J'espère que cela t'aidera à repérer ses manœuvres d'approche, à déceler dans ses manières de fonctionner la violence dissimulée.

Je résume les points principaux du parcours, qui te permettront de mieux identifier ton ressenti de violé :

  • Tu sens une gêne mentale ou physique devant un comportement que le violeur t'impose. Tu as l'impression désagréable de subir ses règles, et chaque fois que tu lèves le doigt pour demander qu'on modifie les règles du jeu, on t'impose le silence sans te donner la parole.
  • Pourtant le violeur semble " faire comme tout le monde ". Cela te gêne de le mettre dans l'embarras, car c'est remettre en cause des usages établis. Tu prends sur toi, tu te tais et tu continues de subir.
  • Ce sentiment de  gêne augmente, le malaise grandit et tu souhaites en discuter. Il te semble que tu devrais avoir voix au chapitre, comme toute personne, et qu'une pratique qui te cause une souffrance devrait être, au moins, soumise à question.
  • Le violeur te dit que tu exagères, que tu affabules, que tu es hypersensible, qu'il faut te faire soigner, et que tu devrais aller vivre sur une île déserte, ou dans un désert. L'essentiel du discours consiste à te faire ressentir que tu es anormal au milieu d'un tas de gens normaux, et qu'il vaut mieux faire profil bas, sinon on va t'interner au pire, mais au mieux tu vas passer pour une folle ou un original, ce qui est mal vu.
  • Au mieux, il te dit qu'il va voir ce qu'il peut faire, pour temporiser. Mais rien ne change. le violeur est expert dans l'art d'aménager les faux-semblants.
    Le chasseur te dira qu'il pourrait tuer tous les animaux, et qu'il faut s'estimer heureux que la société de chasse ne lui en accorde que dix, ton mari te dit de t'estimer heureuse parce qu'il pourrait inviter ses copains à voir le foot tous les soirs et le samedi, et que tu as un mercredi après-midi par an de libre, le pollueur te dit que l'URSS et la Chine polluent bien plus que lui, et que tu devrais t'estimer heureuse de ne pas habiter à Pékin. L'essentiel du discours est de te faire passer l'idée que ta chaîne est bien assez longue, puisqu'elle te permet de sortir de la cuisine, et que tu devrais t'estimer heureuse, on pourrait te torturer plus et plus souvent que ça.
Le temps passe et le violeur continue de te faire subir ses outrages. On entre alors dans un autre cycle. Si on en arrive là, tu as déjà perdu des chances de faire valoir tes droits. Si tu es mariée à ton violeur et que tu en as eu des enfants, la situation est encore plus compliquée.

Le mieux est donc, jeune ami violé, de détecter les violeurs le plus tôt possible. Plus tu détecteras les violeurs jeune, plus tu auras de chances de sauver ta vie. Nous espérons que ce petit mémo t'aura aidé. Nous posterons dès que possible d'autres conseils pour t'aider à repérer les nazis.

Boudins d'ici et d'ailleurs

Devant me rendre à la ville, j'ai loué une voiture moderne. Genre dominatrice : " Mets carte, mets ceinture, ferme coffre, ouvre la porte, fais ceci, fais-cela, enlève la carte, ferme le coffre, ouvre la porte, serre le frein, arrête le moteur, mets la carte, regonfle les pneus, allume le moteur.... "

Elle a couiné tout le temps pour nous rappeler à l'ordre. Les pneus étaient très bien gonflés, c'est elle qui m'a gonflée avec son capteur électronique débile pendant tout le trajet.  A la ville, plus qu'ailleurs, ils s'agitent pour rien.

Je suis bien contente d'avoir retrouvé ma Trapanel de collection. J'ouvre ce que je veux quand je veux, je m'arrête quand je veux, c'est moi qui décide comment elle fait, et je fous un coup de pied dans les pneus tous les dix ans si j'y pense.

Je fais du boudin ce soir, j'ai été cueillir les pommes dans le jardin.

Paraît qu'il vont mettre sur la route des voitures avec un moulinex au volant. Je l'entends d'ici : " Ne tentez pas de déverrouiller les portes ni votre ceinture, nous ne sommes pas arrivés à destination. Les autorités ont modifié notre plan de route, je vais vous déposer à la Kommandantur".

S'il vient par ici, j'espère qu'il n'aura pas mis à jour la carte avec le fossé qu'on a fait pour écouler les eaux de pluie. Il faut d'ailleurs que j'achète un lance-pierres pour les drones qui viendraient s'aventurer par ici, on commence à les entendre vrombir ici et là. Non content de s'accaparer le ciel, la nuit, et le silence des autres avec ses boings ronflants jour et nuit, le crétin va envahir notre espace diurne et notre paix, en venant zoomer sur le maillot de bain de la voisine.
Curieux comme les chasseurs, prompts à tirer sur tout ce qui bouge pour éliminer toute trace de vie sur notre planète ne tirent plus. Hébétés par le joujou, sans doute. Ce sont les mêmes enfants de 5 ans qui ont demandé un fusil pour Noël qui voudraient avoir cela la prochaine fois.

Vous allez me dire de quoi retourne cette émouvante anecdote, eh bien c'est que j'ai entendu un bout de cette émission hier. Un réalisateur y présentait un film dans lequel on entendait des jeunes peiner dans l'action politique sur le thème " Marre de répéter les choses, maintenant on passe à l'action, oui mais on fait quoi ? ".

Moi qui suis abonnée à moult listes alternatives, je constate en effet cette déshérence dans laquelle nagent nombre d'initiatives individuelles, toutes fort louables, qui vont du collectif d'habitants de Marseille pour sauver un banc public de l'insatiable appétit de bétonnage des promoteurs immobiliers jusqu'aux manifestations du PG local contre les arrêtés anti-mendicité d'une municipalité qui espère ainsi chasser les punks à chien qui font peur aux derniers touristes ainsi qu'aux bonnes gens.

Ce qu'ils n'ont pas réalisé encore, c'est que les constructions humaines se sont toujours fait sur des modèles d'essence politique, basés sur les classes de pouvoir, militaire, religieux, idéologique ou combinaison des trois. mais que la donne a changé. La dernière intégration, la globale, celle qui prend toutes les structures politiques en un seul mouvement pour les ramasser en une unité qui les transcende, cette intégration est sur un modèle financier.

Les états, les provinces, les régions, les fédérations de ce qu'on voudra, ne sont plus que des zones commerciales pour clients et fournisseurs. Les nations " souveraines " sont réduites à une ligne d'en-cours sur la comptabilité des institutions financières, et de leur bras armé le moins rentable, les entreprises.

Le sens de la subordination entre le financier et le culturel s'est renversé : avant, on commerçait avec ses alliés. De nos jours on tolère n'importe quoi de ses clients.

Et donc, de la même manière que les jeunes ne réalisent pas qu'ils roulent désormais dans une voiture qui les a menottés, privés de toute liberté et de toute autonomie, et qui les mène à la baguette sans qu'ils n'y puissent rien changer, de même le système économique les a ligotés sur le siège. Ils peuvent toujours papoter dans leur youtube, ça n'empêche qu'ils sont exploités du soir au matin, et qu'ils n'y peuvent plus rien changer.

Une autre aporie du discours ambiant est sur le thème " L'origine du problème est dans ". Par exemple :
❝« L’agriculture est une invention humaine assez récente, et à bien des égards, ce fut l’une des idées les plus stupides de tous les temps.
Les chasseurs-cueilleurs pouvaient subsister grâce à des milliers d’aliments sauvages. L’agriculture a changé tout cela, créant une dépendance accablante à quelques dizaines d’aliments domestiqués, nous rendant vulnérable aux famines, aux invasions de sauterelles et aux épidémies de mildiou. L’agriculture a permis   l’#accumulation de ressources produites en surabondance et, inévitablement, à l’accumulation inéquitable ; ainsi la société fut stratifiée et divisée en #classes, et la #pauvreté finalement inventée ».❞


Ok, super bien diagnostiqué, Sherlock. Et maintenant, on fait quoi, on rembobine le film de 10.000 ans ? On " supprime " l'agriculture ?

Tu as idem avec : " il faut supprimer " la finance / la monnaie / l'énergie / la population / le gas-oil / la guerre / la méchanceté / la race humaine...



Dans le genre on n'arrête pas le progrès, c'est lui qui nous arrête, il paraît qu'ils ont repéré un fort signal radio dans la galaxie. A mon avis c'est le grille-pain de la station qui a vingt ans, qui bave comme un gros puerco depuis la cuisine made in USSR sur le secteur alimentant le  télescope , et qui ne va pas tarder à foutre le feu.

Et le colossal du jour revient à une annonce reçue, à laquelle je ne comprends pas un traître mot, mais du moment que c'est kolossal....

" Ai Weiwei This is Colossal Sopheap Pich LuxArtAsia Choi Pyung Gon Project Daejeon Shakuntala Kulkarni Shakuntala Kulkarni "

Faudra penser à lui faire une application avec GPS dans la montre connectée.

dimanche 7 août 2016

La galaxie Sylvain Mériaux

Liens vers les pages d'un blog avec images :

- Page c23

- Page c27

 - Page c30

- Page c32

- Page c33

Une de mes préférées.

Celle-là est bien aussi.

Mais apparemment, ce site a été abandonné, et ça a basculé depuis vers cet endroit.
Je suis même arrivée à vaincre le redoutable captcha, gardien des lieux, sur cette page !

Le bougre ne semble pas disposé à communiquer, ce qui se prévoit en toutes lettres dans ses œuvres .Mais bon, aucune importance pour le moment. Cela viendra ptet. Je ferai un site pour les réfugiés-sous-l'escalier.


samedi 25 juin 2016

Ces erreurs qui nous appartiennent

Je voulais poser ici des choses disparates, mais qui se rejoignent quelque part.  J'arriverai à ce " quelque part ", un jour.


Tiens à ce propos, voilà ce que j'ai écouté cette semaine, ça peut servir. D'abord un petit St Augustin, le mélange d'amour et d'horreur (Géraldine, dans " la conversion point ", l'infinitif est " poindre", non " pointer"), surtout pour cette relation au temps qui n'a pas commencé. Je ne suis d'ailleurs pas contre cette idée que Dieu qui est en fait " déjà là". Il est déjà là comme symbole de l'unité perdue, il est déjà là tout court.

 Et un petit Derrida de derrière les fagots. On y reviendra.

Donc, revenons au sujet, je réfléchissais d'abord au statut qui est nôtre lorsque nous intégrons la morale de la société. On sait que j'ai déjà eu l'occasion d'aborder ce sujet avec la série d'articles sur " En quoi suis-je concernée par la loi ? "

Mais je vais revenir à la charge par un autre biais. Prenons l'exemple d'une personne à qui un créancier réclame de l'argent que cette personne ne possède pas. Imaginons que le créancier trouve appui dans la justice, et que cette dernière prête le concours de la force au créancier.

La personne va voir avec une certaine perplexité les foudres de la justice se déclencher, et une armada de gens la " sommer" de payer, la " mettre en demeure de " etc. toutes choses inutiles.

La victime va alors assister à un étrange spectacle, l'entrée en furie de personnes tenues pour rationnelles (des avocats, des magistrats, de zélés fonctionnaires, des huissiers...) pour faire aboutir une manœuvre dont ils savent qu'elle n'a aucune chance d'aboutir, mais qu'ils poursuivent tout de même.

Ce défi à la raison prouve que le but de la manœuvre n'est pas logique, mais moral. Il ne s'agit pas de récupérer de l'argent, mais de faire " respecter le droit". La puissante institution répète à la victime :" tu dois, tu dois", jusqu'à ce qu'elle soit bien forcée d'entendre l'inflexible " je ne peux pas".


Ce qu'il s'agit d'enforcer, comme dit l'anglais, c'est le devoir. C'est que les gens exécutent ce qu'ils doivent. C'est cela qui importe à la société, le respect de la morale, non un fonctionnement correct.

Mais ce faisant, étalant sa puissance, elle offre au citoyen le spectacle un peu pathétique d'une entité " déboussolée", qui agit selon des convictions et non selon la raison, en d'autres termes, elle est victime de croyances et d'illusions.

Persuadée de son bon droit, c'est à dire de ces croyances transformés en loi, la justice prête le concours de la violence à son fantasme, pour un passage à l'acte permettant à une assemblée de personnes de brutaliser un citoyen isolé, au prétexte de faire " respecter le droit".

Donc non seulement déboussolée, mais ivre de sa puissance arbitraire. 

Vous allez me demander ce que cela vient faire là. Eh bien je pense que cela peut être une des raisons du " retrait autistique". Je crois que c'est J.-P. Maleval, qui parlait de l'utilité d'un psychotique dans un groupe pour en sentir précocement les dysfonctionnements.

Contrairement à ce qu'on pourrait penser, je pense que l'enfant autistique possède des dons précoces pour comprendre ( et c'est là que se situe mon "contrairement", car on pense toujours que les fous sont idiots) de façon " rationnelle" les situations sociales et les enjeux qui les déterminent.

En d'autres termes, l'enfant refuse "d'entrer dans le jeu", parce qu'il comprend, mieux et plus tôt qu'on ne le pense que c'est un jeu de dupes. Il comprend par une intuition fine des mécanismes de pouvoir et de soumission, que la raison n'a rien à voir ans les mécanismes sociaux, qu'elle est la façade donnée en prétexte pour les jeux de domination et de violence.

Mais la mauvais foi est à l'échelle du bâtiment. Elle est haute et lourde comme ça façade à colonnes du palais de justice. La remettre en question est interdit, c'est trop risqué, ce serait remettre en question l'ensemble des faux-semblants de l'édifice social, lesquels servent les puissants et les violeurs, et conservent à leur service des vassaux qui attendent en retour de l'omerta et de leur caution quelques miettes du droit de violer, et misérables privilèges en pavillons de banlieue et automobile à moteur diesel.

L'enfant, qui vient de tomber du paradis récemment conquis du paradis de sa totale humanité, sent très bien à quel point tous ces subalternes du système se sont vendus. A quel point ils ont vendus leur humanité à la violence du système, contre un frigo bien rempli et l'appui de la police en cas de bris de vitres.

Ce qui leur vaut, bien sûr, la reconnaissance sociale.

Alors vous allez me dire que je suis bien gentille, mais que l'autisme et la psychose ont des causes biologiques (génétiques et autres) et ne relèvent pas d'un choix  économique.

Bien sûr. On peut faire remonter les saumons jusqu'en Ecosse, ils finissent tous coincés entre deux films plastiques. Moi je maintiens que si. Le retrait psychique ne connaît ni le corps ni les générations, il est comme un egregor qui plane sur les gens, les déterminant bien avant leur naissance par le lieu où ils vivent et leurs parents, dont la violence en cascade les condamne bien avant la justice (1).

La violence que la société exerce contre les individus poussent ces derniers à se désengager, et lorsqu'ils n'ont plus de refuge sûr, lorsqu'on les y pousse, ils iront jusqu'à se retrancher à l'intérieur d'eux-mêmes.

C'est ce qui explique l'apparente contradiction entre une facette de la société qu'on qualifie d'individualiste d'une part, et d'autre part cette facette " associative ", où fleurissent les occasions de faire bouger le " vivre ensemble".

Second motif : Nous ne sommes jamais nés, puisque la date ne nous est pas connue

Je m'explique. On vous a donné votre date de naissance, que l'on fait coïncider avec celle de l'accouchement de votre mère. Mais vous savez que vous n'avez conscience ni de ce jour, ni d'aucun autre, au cours duquel vous seriez " née".

Il s'agit plutôt de souvenirs fragmentaires, de lambeaux d'étoffes, d'épisodes remémorés (et pourquoi ?) qui s'agrègent pour former une trame mémorielle de plus en plus dense, un " film " qui devient " continu", continuité d'où émerge celle de l'impression d'un moi constitué, et constitué aussi d'un passé d'où il émerge.

A l'autre bout de la vie, c'est encore mieux. Non seulement nous ne connaissons pas l'heure de notre mort, mais nous n'en aurons ni conscience, ni souvenir.

Puisque nous ne sommes ni nés, ni morts, nous n'existons pas. Il n'y a pas de lieu pour un trait de notre vie. Il y a un enchevêtrement de ronces, entre nous et d'autres, entre nous et des évènements, dont on peut distinguer un " moi", si on y tient vraiment.

A ce propos, je vais vous faire tenir cet extrait d'Un Interprète en Quête de Sens, de Piera Aulagnier, c'est page  178 :


 



Et je livre cette phrase à votre méditation

"
Cet espoir de retrouver sur la scène du réel ce premier Autre, tout aussi perdu que l'objet défini du même terme, se  révélera aussi irréductible que le désir lui-même. Si pour l'enfant, c'est la mère qui reste jusqu'au déclin du complexe d'OEdipe celle à qui il demande en vain cette métamorphose, pour le sujet adulte, ce même espoir, tout aussi tenace, ne pourra se réaliser que dans trois cas : la folie, la jouissance et la mort.

Ce sont là les trois cas et les seuls, où sur la scène du réel, le corps propre devient le lieu de l'Autre. Dans la folie, où le corps s'offre totalement à l'offrant, n'est plus que le discours de son désir (qu'on se rappelle, ce qu'enseigne, à ce propos, Schreber), dans la jouissance où le sujet s'efface, et n'est plus que ce désir qui, pendant ce fugitif instant, s'énonce comme vérité qui ne se laisse saisir aux rets d'aucune parole, dans la mort où pour la deuxième et dernière fois, sera offert au sujet ce qu'il ne savait pas demander. "


C'est tout de même une phrase magnifique ... et terrible. Choisis ton cas, camarade...

Enfin troisième motif, je reparcours les blogs de mon œuvre textile pour les mettre au propre (2), et c'est de là qu'est venu le titre de ce billet.

Les articles de mon blog textile sont pleins d'erreurs. Erreurs de jeunesse, erreurs d'appréciation, erreurs de jugement, choses que je croyais, et qui se sont infirmées depuis, choses tombées au oubliettes, choses pensées sans suite et qui ont donné de belles branches.

Les œuvres sont elles aussi pleines d'erreurs, pour ceux qui comprennent ce que cela veut dire.

Mais ces erreurs m'appartiennent, elles appartiennent à mon être, à la façon qu'il a de faire les choses.

Je n'aime rien tant maintenant que mes œuvres de jeunesse, parce que ce sont celles qui comportent le plus d'imperfections, d'erreurs et de maladresses.

Sache-le, ma sécheresse, j'ai besoin de mon humidité, de à où coule un peu d'eau je me réfugie. Ces erreurs m'appartiennent aussi au sens où elles me définissent, elles sont comme des étais que je ne saurais enlever sans mettre l'édifice en péril.

Le succès me prouve que la chance existe, que les yeux bandés j'ai attrapé le pompon, mais l'erreur me prouve que j'avais vu  juste, et que j'ai mis le doigt sur le problème. Dupliquer ses créations de façon artisanale, c'est fuir l'erreur et son cortège de leçons. 

 Je suis entrée dans le processus qui a pour but de cesser de créer. Cela n'intéresse personne. La fin de cette tentative est l'aboutissement pour mettre fin à cette tentation de penser trouver la solution dans l’œuvre suivante, comme le joueur espère se refaire dans le prochain coup. La solution viendra toujours de cet ailleurs, ce ce là bas pas encore advenu de la réalisatiion de la prochaine oeuvre, vaine identification à l'artiste faiseuse d'objets partiels, comme autant de buts dans la quête de savoir sur le désir.

Je reparcours des figurees qui existent déjà comme la petite fille qui joue à la marelle. Ce que je crée existait déjà. C'est juste mon ignorance du futur qui me le fait découvrir  " à-nouveau", mais elle était toujours déjà-là

Il n'y a aucune tendance dépressive dans ce que je dis. Un constat que certains comprendront, d'autres pas, mais qui en tout cas ne s'exprime pas, ne s'explique pas.

La sentence de Rigaut " Mon livre de chevet, c'est un revolver", paraphrase ce constat. La mort, la deuxième et dernière fois, est une issue qu'on consulte comme on le ferait d'un livre, avant de s'endormir, pour savoir si on s'endort tout de suite ou bien si on puise encore quelque espoir dans le futur 'un savoir non encore acquis.

Ayant toujours eu la création comme béquille pour justifier ma survie jusqu'au lendemain, je me demande ce que je vais faire.

Lire, bien sûr. La pensée de la Renaissance, pourquoi pas. Le travail de synthèse fait pas les historiens des idées est toujours passionnant.

Mais ceci dit, ce n'est pas parce que j'ai sorti les volets que je suis au sol. Il va falloir négocier l'approche, mon bon.


(1) Il suffit de voir en ce moment la crétinerie de la violence exercée à l'encontre d'une pauvre femme condamnée aux assises pour avoir noyé son enfant pour s'en convaincre.

La société, ne songeant pas un seul instant à s'interroger sur sa carence à considérer le cas avant le meurtre, punit cette malade de sa différence.  " On bat les fous " serait encore trop bon. On bat les différents sans les entendre, " pour leur apprendre " comme dit le parent violent qui bat son enfant.

Le fait que cette petite fille (celle qui a fini sur plage) doive vivre est une opinion qui se plaide. La société n'ayant apparemment pas réussi à convaincre la mère, elle l'envoie en camp de redressement. Bel exemple de dialogue démocratique.

Cette pauvre femme va passer le reste de sa vie dans une pièce, se demandant pourquoi on l'a enfermée, et demandant une interminable analyse. Elle sortira vieille, sans avenir, sans avoir compris pourquoi on lui en veut autant d'avoir trouvé une solution qui avait ses avantages sur le moment, comme ce que fait tout le monde tous les jours en choisissant de s'arrêter dans un restaurant plutôt qu'un autre.

Lorsque je dis " je maintiens que si", je pousse la frontière de l'idée limite le plus loin possible, pour que soit la plus large possible la marge que j'aurai gagnée, espace dans lequel on cessera de considérer ces maladies comme des fatalités génétiques pour les considérer comme le résultat de violences sociales.

Hier cette dame a été condamnée à 20 ans de prison, il paraît que ses premeirs mots à l'issue d'une audience muette ont été pour demander à son avocat si on pourrait éclaircir les circonstances de la mort de sa fille, ce qui prouve si besoin était l'imbécillité d'un jugement qui n'a comme objectif que de ne pas soulever la réprobation du bourgeois.

(2) Je rejoins ce que je disais sur le toucher. Ces articles de bog ne valent pas les vraies photos, et les vraies photos ne valent pas les œuvres elles-mêmes pour les couleurs, les textures...




jeudi 23 juin 2016

Tu touches et/ou je te filme ?

Les évolutions de la technique permettent une intégration de trois courants auparavant distincts, le film, le dessin animé et le jeu, comme on peut le voir par exemple ici et .

De plus en plus, ils mélangent les scènes avec acteurs, et les scènes avec images de synthèse, le tout avec l'interaction du jeu, de manière de plus en plus " réaliste".

Tu imagines ce genre de jeu, bien fait, en 3D, avec un bon casque 3D, c'est pire qu'une drogue, à côté la réalité te paraîtra toujours fade au mieux, sinon pénible.

A moins de transformer la réalité en jeu, plus excitant, plus mortel. Je me demande si ce n'est pas ce qui pousse une partie de la population émigrée dans le désœuvrement du chômage à basculer dans la délinquance. Au moins tu t'amuses comme dans un jeu vidéo.

Quitte à crever plus jeune. D'où l'idéologie " néo-romantique " véhiculée par les chanteurs genre SCH et d'innombrables rappeurs adeptes des bagnoles, du toc et des nichons en silicone " vivons peu et vite, avec du fric, de la violence, et la mort au bout, mais au moins on vit quelque chose", avec en étendard un cynisme macho qui ne donne la mesure que de leur peur d'être castré dans la découverte du non-soi.

En synoptique, voyons la page où ce jeune homme nous fait part de sa démarche. Notons d'abord le gouffre qui sépare les performances optiques et haptiques de l'univers du web. C'est le prochain défi. En effet, la visite 3D de ce type d’œuvre n'est pas encore à la portée de l'amateur, et loin de ce que mériterait l'attention (reflets, grain etc.) mais c'est surtout par le toucher que ça pèche.

A l'expérience, je suis obligée de constater que mes photos ne rendent pas compte de la réalité de mon travail.

Je veux dire qu'il y a un effet trompeur qui n'est pas lié qu'à la qualité de la photo.Plus je fais de grands formats et moins ça colle, la sculpture est en 3D, la photo en 2D et ne permet pas de tourner autour avec les modifications de ligne de fuites et autres déplacements du regard que cela entraîne.

Autrement dit, visiter un grand format, c'est être dans le même espace physique et en partager les courbures dans un rapport sensoriel, le geste de caresser la matière vient spontanément pour en amadouer l'approche, en éprouver la sensualité en y risquant la sienne propre.

Mais c'est aussi tout cet ensemble, quand je suis dans la créativité, qui fait que je m'attache de plus en plus au grand format, c'est cette même rencontre quand je visite d'autres grands formats que les miens et peut -être, après tout, que je n'enfonce que des portes ouvertes ?

En effet, je sens bien que tous mes articles ont un côté décousu, un causé décati, mais je jette des pavés dans le courant, pour pouvoir traverser à gué plus tard.

Va te laver la bouche, Gégé.

Donc ce matin, un monsieur qui s'était montré auparavant, il y a quelques jours, impoli envers moi dans un mail, sollicite mon avis, comme si rien ne s'était passé.

Ce brave homme, à qui je venais d'imposer un filtrage mail, me demande ce que je pense de tel point de philosophie du langage.

L'impolitesse me ciblait, mais comme dommage collatéral. Elle relevait de ce fonds, de l'attitude naturelle du mâle blanc, qui va, les bras ballants dans la savane urbaine, couvert de huit mètres de soie de sa connerie, persuadé que tout ce qui ne relève pas de ses convictions sont des imbécilités oiseuses etc.

Je n'ai plus, si tant est que j'en aie jamais eu, aucune intention de discuter avec ce butor dont le seul objectif dans le débat est de prouver qu'il a raison, parce que "les femmes...", parce que " les gens", etc.

Mais peu importe. C'était un point de départ. Me revient alors en mémoire cette réflexion " Mais que nous chaut que Céline ait été antisémite ? C'est un écrivain de génie et cela suffit".

On peut certes avoir cette position vis à vis de l’œuvre, post-mortem, mais pas de la personne de son vivant.

Cela tendrait à dire qu'il faut couper les ponts avec tous ceux qui n'ont pas du monde une vision correcte, ou qui du moins, perseverare diabolicum, persistent dans une attitude inconvenante.

En effet la culture est une communauté, celle de la grande famille humaine. La culture ne vise pas que " de quoi on discute", mais " avec qui on discute". La recherche doit se faire en ce domaine avec une certaine élégance, car l'âme y est mêlée. C'est l'humain, entièrement, qui est en question, et on ne peut séparer l'éthique de ce qu'on fait d'avec le sujet de la question. Je dis à ce monsieur " Pour intéressante que soit la question, je n'en débats pas avec vous".

C'est la même chose que pour un enfant. Donner le porte-voix de la culture à un artiste, c'est comme autoriser un enfant à hurler des gros mots, ce n'est pas l'éduquer. Lui répondre quand il parle, c'est déjà oublier de lui rappeler, avant tout dialogue, qu'on se parle poliment, chez les humains.

Mais d'autre part, ne pas donner voix à la contre-culture, laquelle apparaît par nature politiquement incorrecte c'est le boulot quotidien des services de censure  de toutes les dictatures

" Cela ne se fait pas, donc tu n'as pas droit à la parole", ou encore " Pour ce que tu es par ailleurs, nous ne parlerons pas avec toi", sont des armes à double tranchant. Je me suis senti offensé par ces propos, certes, mais qui suis-je pour me sentir offensé ? Etais-je réellement et personnellement visée ou bien me suis-je faite inconsciemment la porte-parole d'un courant ou d'un milieu, de ma propre chapelle ?

N'aurait-il pas fallu reprendre contact avec ce monsieur, et tenter de lui expliquer calmement qu'il ne peut pas d'un côté insulter les autres en traitant de tous les noms leurs personnes et leurs propos, et d'un autre côté continuer de dialoguer comme si de rien n'était ?

Je n'avance donc en rien dans le problème de la méthode en clinique. Refuser de continuer à parler avec le  négationniste n'est sûrement pas le meilleur moyen de lui faire valoir notre opinion. Il a été victime d'une éducation abusive, et comme la victime d'un viol, il clive son moi pour éviter d'affronter une partie de la réalité. Comment parler à ces malades que sont les mal-élevés ?

Se détourner d'eux avec mépris, refuser de les éduquer, c'est faire le jeu des populistes, aussi sûrement que la politique colonialiste israélienne fait le lit des antisémites.

Il suffit de lire le journal le Monde pour réaliser que de Malaisie en Sion, du Brésil en Chine, d'Afrique aux USA, d'Arabie en Finlande, ils sont des millions, à tous les niveaux du pouvoir, ces psychopathes prévaricateurs qui s'emplissent les poches au détriment de l'humanité, tant est ancrée en eux cette conviction que les autres n'ont aucune importance, pas même, dans le cas des pollueurs et pilleurs de ressources, leurs enfants que leur ego se flatte de chérir pour se donner une bonne image.

Il n'y a pas comme les donneurs de leçons de morale sur l'éducation des enfants pour s'amuser à étouffer l'atmosphère sous le diesel pour aller faire des activités qui les amusent, en déniant le fait qu'à souiller l'air et l'eau, à faire disparaître le vivant au rythme d'une espèce toutes les vingt minutes, ils rendent la vie de leurs enfants plus que délicate.

La question devient-donc :" A quel point, où bien à l'envers, le manque d'éducation devient-il une contre-culture, ou à l'envers cesse-t-il de l'être ? "  Le mépris des autres, des lois et des frontières établies par les traités, des femmes, des gens, l'antisémitisme et autres cessent-ils à un moment d'être de simples signes d'obscurantisme pour devenir des motifs de rupture du dialogue ?

Lorsque l'incendie de la connerie s'étend, faut-il à un moment lâcher la lance du dialogue et s'enfuir en courant pour sauver sa peau et son cerveau de la terreur ambiante ?

Nos enfants vont avoir la tâche délicate d'éviter que la planète Terre ressemble à la Lune. Et il n'y a pas comme les capitaines d'industrie pour mépriser ceux qui tentent de s'opposer à cet holocauste, les piétiner de toute leur puissance pour pouvoir continuer de jouir quelques instants encore de leur SUV.

Le crétin détruit la Terre et aspire au désert martien

Il y a là une jouissance sadique profonde, comme un homme qui se saurait atteint du sida et qui en éjaculant, continuerait de râler " encore un peu, encore un peu", tandis qu'il assassine sa partenaire. Incapable de s'oublier dans la construction, il s'oublie dans l'anéantissement de la destruction.
A l'humilité qui consisterait à faire face à sa vanité individuelle, il préfère le vide de tous les autres, morts avec lui, entraîné dans leur chute.

Et tout cela parce que, se sachant désormais mortel, comme le condamné par la MST, il n'a plus rien à perdre. Nous avons commis l'énorme erreur de laisser, sans solution de recollement, se diviser le monde en deux, ceux qui n'ont plus aucun espoir en l'avenir, et les fanatiques arriérés mentaux, encore dans l'aliénation de leurs convictions religieuses.

Le problème avec les totalitarismes, qu'ils soient nazis ou religieux revient au même, c'est que le crétin n'a de cesse d'avoir foutu le monde suffisamment à feu et à sang pour qu'enfin tout le monde se ligue contre lui pour venir lui foutre la fessée tant espérée que son Œdipe mal vécu lui impose de supplier par tous les moyens.

En fait,  finalement, le crétin qui joue le méchant n'attend rien tant que sa baffe, qu'il faut toujours se résoudre à lui donner pour qu'il arrête de faire chier le monde.

Les millions de morts que cela entraîne au passage ne sont pour lui qu'un détail d'une histoire qui se répète. Les peuples passifs laissent arriver au pouvoir, mieux, donnent les pleins pouvoirs à des intégristes qui leur mettront le pied sur la tête, et qu'ils faudra virer dans des bains de sang, sans parler de la maffia des relous à godillots qui viendront en profiter pour commercialiser les pipelines ai motif de donner un coup de main

Il faudrait larguer des bouquins de Freud par avion, que, au moins tout le monde soit au même niveau de désespoir, on aurait au moins un peu de répit pour trouver une solution.

Sinon, je me faisais cette réflexion que la revendication au droit de mourir est arrivée longtemps avant que la science nous assure le droit à l'immortalité mécanique, même si elle ne saurait tarder.

C'est tout de même incroyable, si on y réfléchit. Certes, me dira-t-on, c'est dans le cas de maladies qui occasionnent des souffrances, ou condamnent le malade.Exact. C'est encore le cas. Mais imaginons un monde où la technologie nous fige à 30 ans, nous condamnant à un perpétuel emmerdement dont le cadre est plus ou moins luxueux selon nos moyens.

Imaginons alors que la classe moyenne, lassée de traîner si longtemps cette demie-misère, demande un projet de loi permettant de refuser le traitement, l'upload de la conscience, le programme des greffes automatiques etc.

Un projet de loi permettant de mourir simplement et définitivement, tout comme les pauvres qui n'auront pas accès au programme. Et puis les pauvres, on en a toujours trop, pas besoin de les maintenir en vie, ils se renouvellent tout seuls.

samedi 30 avril 2016

D'une conséquence inattendue du torchon

Le thème du torchon se poursuit, je suis cernée de torchons, je mourrai étouffée sous les torchons, comme disait Boris Vian. Mais bon, maintenant que je me suis débarrassée de la militante alter-mondialiste, on va pouvoir revenir à des choses sérieuses.

Et notamment, donc la suite de cela. Enfin, la suite, pas vraiment, disons un corollaire. Vous pouvez ricaner tout ce que vous voulez, mais malgré la faiblesse de mon échantillon, je suis frappée par la " convenance " (Foucault) chez un même sujet de signes émanant de son thème astral d'une part, et d'autre part de ses petites manies psychiques.

Pour prendre un exemple, chez certaine native du signe des Gémeaux, comment une souplesse diplomatique poussée un peu loin, conduisant à tout accepter de l'autre, et parfois un peu trop, se fond harmonieusement dans certaines attitudes à caractère névrotique. Et ce n'est pas la première fois que je remarque cette congruence, comme si les tendances du thème de naissance venaient " à la rescousse", pour le dire par antiphrase, des difficultés que le sujet subit du fait des stratégies de défense mises en place.

Bien sûr, vous vous doutez de l'énormité de la sauvagerie de ce que je dis là, et pourquoi elle me rend perplexe. C'est qu'elle fait convenir des choses qui ont toujours été associées à deux ordres radicalement différents.

D'une part l'ordre de la problématique de la contingence, de ses accessoires transcendants ou immanents, et disons de l'ordre ce qui pour nous être extérieur, pourrait ne pas être, ou être, mais qui en tout cas ne concerne pas les interactions de notre vie propre. Les étoiles sont là-haut, et si nous naissons à telle date, nous en subissons l'influence au sein d'une histoire " passive" : notre vie se déroule "sur fonds de" , l'Histoire, le calendrier etc.
Même si l'astrologie admet une influence, il s'agit de choses qui " pèsent ". Il faut " faire avec", mais elles ne sauraient consolider les événements de notre histoire personnelle (le fait que notre mère a eu des problèmes avec sa  mère).

D'autre part, l'ordre de la partie de billard qui se joue sur Terre durant notre vie. Ici-bas, nous sommes bousculés par d'autres billes, qui nous veulent ceci ou cela, qui sont eux aussi pris dans leur histoire, qui ont tel intérêt personnel, etc. Face à ce qui advient, nous développons des stratégies de défense, au sens de la protection, qui nous permettent d'amortir les chocs en représentant les motivations des autres danseurs, à fin d'essayer de livrer nos gènes à la postérité.

Mais la bataille livrée sur scène ne saurait interagir avec le décor cosmique qui sert de toile de fonds à l'empoignade. Comment affirmer que telle stratégie que nous développons serait influencée par notre date de naissance, inscrite dans une autre histoire, comment supposer que les tendances de notre thème astral préparent le terrain à une " nature " qui se comportera selon ces traits de caractère ?

Il y a un regard qui rend la chose moins compliquée à admettre, qui la fait progresser sur l'échelle des possibles, c'est justement que le passé soit tiré par le futur. Je m'explique.



Imaginez que le temps soit une force qui tire le monde dans le sens de la flèche rouge vers le futur. Le destin tire bien le monde vers un état qui lui sera, nous semble-t-il, plus " évolué", mais il n'y a pas de sens absolu de cette évolution). Vous êtes la tirette de la fermeture, vous êtes le présent. La partie ouverte en V est le passé. Lorsque le temps passe, il ne fait qu'accomplir un futur qui doit advenir. C'est le passé qui n'est pas encore certain. Mais plus le temps passe, plus le passé devient certain.

Les plus importantes sont les flèches vertes. Le passé s'accomplit inexorablement parcequ'il est informé par le futur.
" Le passé s'accomplit inexorablement", cela veut dire que les événements divers qui composent le passé vont se rapprocher spatialement. Les voitures qui composent l'accident que vous aurez demain sont inexorablement en train de se rapprocher l'une de  l'autre au carrefour.

Ainsi, par ce que vous êtes née, c'est la rencontre de vos parents  qui devient un événement nécessaire (aussi appelé " certain " dans la gamme des possibles). Un événement certain, en fait pas tout à fait, mais du moins très proche dans le domaine du possible. Car pour que vous existiez, il faut que les deux brins de la fermeture soient très proches.
Mais on pourrait dire aussi " pour ce que vous existez ". Pour ce que vous existez, il suffit que les brins soient très proches.
Je sais ce n'est pas très gentil, mais c'est comme ça.

Le plus proche de vous dans le passé, donc quasiment " accompli". Pourquoi ? Il faut que vos enfants naissent, de quoi il s'en suit qu'il est nécessaire que vous existiez, donc vous existerez.

En revanche, le passé lointain est encore largement ouvert. Il faudra un jour qu'il s'accomplisse, parce que le futur en a besoin, mais c'est à la fin des temps, et il n'est pas sûr qu'elle advienne (1).

Ainsi il ne faut pas lire " Comment le fait que je sois née tel jour peut-il avoir un lien quelconque avec le fait que ma mère ait eu des problèmes avec sa mère ? ". Il faut lire " C'est parce qu'il fallait que les deux choses convergeassent, et se soutinssent", que les deux évènements passés, distincts en apparence, comme en réalité, vont converger.

C'est comme si au lieu de lire :" Après qu'on eût inventé le whisky et le coca-cola, cette présence a permis la contingence du whisky-coca", on lisait " puisqu'il fallait que le cocktail existât, peu importe la probabilité d'apparition des deux évènements indépendants, ils seront là dans le passé, nonobstant leur apparente décorrélation".


Alors vous allez me dire, mais si le futur est écrit, nous n'avons aucune liberté. Oui et non.  Alors là, accrochez-vous on change de braquet, mes biquets, va falloir vous faire craquer un peu les neurones. Donc oui, nous avons de la liberté, mais non, ça n'a aucune incidence sur le futur.

Il y a un regard qui rend la chose moins compliquée à admettre, c'est que les deux histoires ne se déroulent pas dans le même niveau de fiction.

C'est à dire que ce qui est important pour votre niveau de fiction, c'est que telle personne meure. Mais qu'elle meure de maladie ou dans un accident de voiture, peu importe. Ce qui aura des conséquences réelles, c'est le fait que sa femme se remariera, et que telle personne naîtra.
Ainsi les personnes ont la liberté de prendre des médicaments, ou de faire réparer leur voiture, peu importe. Comme il faut qu'elles meurent, cela se produira autrement.

Imaginez par exemple une partie de Cluedo. Que le Colonel Moutarde tue je ne sais qui avec la matraque dans je ne sais quelle pièce, au niveau de la vie du Colonel Moutarde, c'est très important, et il a la liberté de le faire ou de ne pas le faire.

En revanche, sur le plan des joueurs de la partie de Cluedo, cela n'a aucune importance. Au niveau de la vie des joueurs, la seule conséquence importante, c'est que j'aie gagné cette partie, donc je me sens bien, donc je drague untel, qui devient mon mari, donc nous avons des enfants etc.

Le fait signifiant, au niveau des joueurs, c'est que j'ai gagné la partie, c'est ça qu'il fallait qu'il advînt. Que ce soit avec le moyen de, ou " par" tel jeu, peu importe. Par lui, avec lui et en lui...

Donc, vous Colonel Moutarde, vous pouvez toujours agiter votre matraque dans les caves, vous avez toute liberté de le faire, et cela changera réellement le cours des choses et du futur, mais dans futur qui est advenu dans un plan sans conséquence. Ce qui importe, c'est que votre coup de matraque a permis à une joueuse de gagner, là-haut.

Maintenant, pour rendre cela plus amusant à admettre, on peut imaginer que le Colonel Moutarde du haut et du bas parviennent, au fil des parties, à avoir quelque accointance. Et on peut imaginer qu'à la fin, quelques joueurs particulièrement avisés distribuent ici et là des coups d'archet sublimes, que personne ne comprend, mais qui font arriver de redoutables histoires d'amour.

Bien, je crois que je vous en ai assez délivré pour aujourd'hui, au niveau foie, je vais encore me faire gronder, donc je m'en retourne à mes pions. C'est que j'ai une partie en cours, moi aussi, figurez-vous.

(1). Cela ma rappelle mon modèle des " circular files " en informatique. Bon. Là c'est trop compliqué, le saut n'est plus possible, mais tant pis, allons-y.


D'abord il faudra aller lire dès que ce sera paru ce billet sur le sainfoin, et ensuite, vous allez me dire que tout cela ne tient qu'à la condition que le destin global soit quelque chose de commun à tous les destins, même compte tenu de la réduction combinatoire liée au faits des conséquences " qui ne comptent pas".

Je le redis d'une autre façon. Imaginez que je vous dise que vous êtes enfermé dans une bouteille thermos, notoirement constituée de miroirs. Vous êtes donc à l'intérieur d'un cylindre en miroir. Le monde que vous voyez est une projection de vos fantasmes. Les mouvements des autres sont gérés par des intentions que vous leur attribuez, les demandes à votre égard sont des constructions internes que vous introjectez comme venant de l'extérieur, en fait du miroir.

Bien. Il ne reste plus personne ? Normal. S'il restait une personne sensée dans la salle, elle devrait me répondre : Certes, mais vous niez là l'intersubjectivité absolue, de l'autre, qui un jour viendra vous assommer par derrière pour vous voler.

Exact. C'est pourquoi il faut rajouter une condition, qui rend la chose inconcevable à un esprit humain, c'est que tous les scénarios individuels sont compatibles avec un scénario global où les ont leur place. Les images projetées dans chacune des salles individuelles sont cohérentes entre elles. Les films sont raccord.
Si je lève le bras inopinément de ma pure volonté, vous me verrez lever le bras, sans que cela empêche que l'image de mon bras se levant dans votre miroir ne reste intégralement une projection de votre part. C'est comme deux voitures à un carrefour, filmées par une caméra de surveillance. Le film de leur " convenance " n'existe que sur la caméra au niveau supérieur. Chacun d'eux ne voit que le film de l'autre voiture tournant, et se perçoit comme le centre du miroir. Ce qu'il est.
Mais l'indépendance de leurs trajectoires, leurs " libertés individuelles " sont préservées au sein de chacun des espaces qui est le leur. Il n'y a qu'au niveau de la caméra de surveillance que la difficulté à mettre en place l'intersubjectivité apparaît, puisque c'est seulement à ce niveau que sa " synchronicité " a lieu.

La complexité à mettre en place est inconcevable. C'est comme imaginer que toutes les circonférences des cercles constituant une sphère coulissent les uns par rapport aux autres, et que l'image de la surface des continents soit préservée.
Mais guère plus que le cross-cap, en fait. Bien, sur ce, bonne nuit.

samedi 9 avril 2016

Non placenta, nec cordibus mais, bon...

Je sais qu'il est déjà tanba de cette page, mais tant pis, je le remets zanhaut.

vendredi 8 avril 2016

Entre les gouttes

Et ma marionnette, plus rien ne bouge.



L'air était calme, il ne troublait pas ses cheveux, et sa main soulevée s'en rapprochait comme pour réparer leur désordre. ... de tendresse le poids du corps d'une maîtresse endormie qui s'abandonne au repos sur ton bras étendu sans ... ton sang, contre l'engourdissement qui enchaîne tes muscles soumis ; de t'opposer à ...

jeudi 7 avril 2016

Tout se perd, rien ne se crée

Il y a des jours où j'effroi.

Ces jours où les intérêts reculent terrifiés comme des murs, où tout ce qui me touche cogne ma migraine, où mes yeux pèlent comme des chiens morts. Ces jours où tu n'es pas là. Où la prosodie m'abandonne, où les versets s'écoulent sans but. Ces jours où chacun est dehors, à livre ouvert, à genoux, indigne et sale. Les encens s'élèvent en vain, où l'esprit pèse. Je reviens, tu reviens, on songe au chevet, on suit les fils du regard, je sais que mon sang reviendra que bientôt je n'aurai plus froid, ou même plus loin, où de nouveau je serai une fille.

On me l'a déjà dit.

J'atteins là-bas, en un bond à travers l'avenue. Je m'arrête avant la plage. Mais je reviendrai voir ton prénom.

samedi 2 avril 2016

Enfin un site de rencontres dédié aux artistes !

On avait exploré toutes les niches, le site pour intellos, pour vieux, pour brutes de la baise, pour CSP++ qu'on été aux écoles, il manquait le site de rencontre pour artistes et enfin c'est fait.


Tenu par un sympathique couple d'artistes de province qui vivotent en attendant que la civilisation tire un bord et pour revenir à un style de vie campagnard, le site offre deux choix principaux selon que vous êtes psychotique ou névrotique.

Mais on aurait tort de s'arrêter à l'aspect dictionnaire des pathologies de ce site. Sous ses dehors plutôt austères, l'interface recèle une mine de boutons farceurs tels que " je vous hais tous", qui vous amène à un salon de gens qui ont souvent en commun de faire un doigt d'honneur sur leur photo de profil.

Une photos taggée " #je vous emmerde" vous conduira directement à la galerie " bienvenue à nos amis borderline".

Bien sûr, les appariements de base sont respectés, et si vous avez coché la case " maso", lors de votre inscription, seuls les profils sadiques vous seront proposés.

Tout cela ne concerne que l''établissement de la fiche et du profil. Le meilleur reste à venir. Car le site propose comme c'est la mode maintenant, de vraies rencontres, et c'est là l'originalité de la formule, non pas sous la forme de canons de bibine dans les bars ou de pseudo spectacles culturels à la moirmoil pour savoir si le monsieur est capable de la garder dans son pantalon le temps d'une représentation.

Pas de ça ici, rappelons-nous que nous sommes sur un site dédié aux rencontres entre artistes. C'est donc sous forme de séminaires, d'ateliers, et de stages que se déroulent les évènements où vous formerez des rencontres enrichissantes à défaut de trouver le pinceau charmant ou le pot de couleur soeur.

Le couple Nevroz'Art et Psykoz'Art n'hésite pas à payer de sa personne en s'impliquant activement dans ces interactions sociales possédant une forte dimension créative.
Madame (je vous laisse deviner qui est qui) anime un conservatoire lui permettant de maintenir vivantes des techniques de broderie traditionnelle, et dispense des cours de crewel; stumpwork, et autres broderies élisabéthaines (5cm de fils fournis, compter environ six mois pour réaliser un ouvrage de quelques centimètres carrés sans trop de culpabilité), tandis que Monsieur propose des relations privilégiées lors de sensuelles séances de coaching, où votre personnalité cosmique trouvera dans le déploiement de votre séduction créative la secrète réalisation à déposer au cœur de l'univers (tissus déchirés, cris, ennuis avec la police possibles).

Tickets restaurants acceptés, pièces jaunes et timbres bienvenus. On peut apporter son cake aux fruits ou une saucisse sèche.

Dernier point clé, les finances. Radins de tous les pays, rassurez-vous, vous ne risquez pas d'être ruiné par les tarifs, car le trait commun à tous ces profils est une haine massive de l'autre, soutenu par un seul désir, qu'ils aillent se faire voir à l'autre bout de la planète avec leur problème dont je me contrefous.
La masturbation solitaire reste donc la solution conseillée à ceux et celles qui iraient jusqu'au bout du processus d'inscription, ce qui est hautement improbable.

En conclusion attendait depuis longtemps un site sur cette niche des artistes, qui plus que d'autres ont du mal à se faire une place dans des relations privilégiées au sein d'une société qui a trop tendance à normaliser les relations à l'aune des valeurs matérielles. Voici une initiative qui rétablit l'équilibre !

Prochains stages et ateliers :

  • Stage " Personne ne m'aime", broderie moldave du XIVème siècle du motif de l'oeil d'un aigle celte, 3698 heures, 10 cm2 de vieux lin froissé, une once de fil noir, l'ouvrage sera enfoui nuitamment dans un tiroir caché au fonds d'un marais en Cornouaille.

  • Séminaire créatif " Flamboyance transgressive de mes pulsions ", vous déchirez fusionnellement avec votre coach des tissus précieux dans une symphonie exubérante de création protéiforme où les frontières de la réalité seront renvoyées au rang d'accessoires euphorisants.

vendredi 1 avril 2016

mardi 29 mars 2016

" Ecarte, c'est Bernie."

Voilà un beau mot de passe pour vos gardes de nuit, qui nous rappelle que nos amis américains ne sont pas en reste quand il s'agit de prouver sa capacité à se montrer ridicule.

A preuve ceci :


Pourquoi ne pas priver de sexe les partisans du candidat ultra-sexiste Donald Trump ? Un couple a lancé le mouvement "Vote Trump Get Dumped" : pas de sexe, pas de datepas de flirt avec les "trumpistes". 

 Un appel à une grève du sexe contre les partisans de Donald Trump. C’est l’idée lancée début mars par un couple d’Américains, Chandler et Blake Smith. Le concept est clair : « Pas de sexe, pas de date, pas de flirt » avec toutes les personnes qui soutiennent le candidat. Car « voter pour Trump, c’est être d’accord avec le traitement sexiste, pervers, humiliant et offensant des femmes », écrivent les initiateurs sur…

De deux choses l'une.

Soit la dame (?) est déjà en couple avec un trumpiste, et c'est qu'elle envisage de ruiner encore plus un couple déjà mal parti, ou alors elle ne l'est pas encore, elle a envie de baiser avec une personne, et s'en prive, réalisant le péché. C'est alors elle-même qu'elle punit. C'est donc débile dans les deux cas, sur le simple plan de l'économie sexuelle.

Quant au reste, on peut suggérer, au vu du logo, un angle d'ouverture des jambes proportionnel à la position politique du partenaire ? Ah ah ah.

Enfin, pour terminer en beauté, rappelons que c'est le genre de posture qui a de quoi exciter un trumpiste au plus haut point, ce qui promet de belles parties de baise entre morons :)

vendredi 25 mars 2016

Langage machine

Ceci témoignant que les propos des gens qui tweetent d'une part, et les machines parlantes d'autre part sont saisissables désormais par la sociologie dans un seul corps puisqu'à la performance des ingénieurs de Microsoft ont répondu des insultes sexistes. L'exploit des uns consiste à avoir pu se rabaisser de façon transparente jusqu'au niveau du discours des autres...

"This was to be expected," said Roman Yampolskiy, head of the CyberSecurity lab at the University of Louisville, who has published a paper on the subject of pathways to dangerous AI. "The system is designed to learn from its users, so it will become a reflection of their behavior," he said. "One needs to explicitly teach a system about what is not appropriate, like we do with children."

Il est d'ailleurs intéressant que la nouvelle n'ait agité que quelques media de geeks (à part les milliers de touiteurs ayant répondu à l'appel de la machine). La plus haute fonction de l'espèce humaine, parodiée par une machine, événement passé inaperçu dans le fracas planétaire de la course aux pétro-dollars.

samedi 12 mars 2016

La Chute, version hystérique

Si j'ai bien entendu Etienne Klein, on peut supposer que le fœtus, au moment de sa naissance, éprouve une sensation d'accélération, puisqu'il ressent pour la première fois la force de gravité terrestre.

Ceci doit se produire au moment de la rupture de la poche des eaux, laquelle précède de quelques minutes à quelques heures le commencement du transit du corps du nourrisson.

Il doit donc se sentir à ce moment là " écrasé " contre la paroi utérine, et ce d'autant plus que les contractions le poussent vers la sortie.
Mais il est écrasé contre le plancher par une force qui le tire " vers le haut". Comme dit Klein, c'est comme si un Titan tirait le corps de sa mère avec une ficelle vers le haut. Ce n'est donc pas une chute mais ce que ce ressentent les parachutistes à l'ouverture de la voile, cette sensation rendue visuellement par les caméras.

Ceci m'a rappelé une image curieuse qui me vient parfois. C'est la sensation d'être comme une personne située à l'intérieur d'un puits, perchée sur une minuscule margelle qui fait saillie à l'intérieur du tunnel. La personne est dos à la paroi du puits, dans une situation assez inconfortable.

En effet, soit elle se tient, le plus possible, plaquée contre la paroi pour éviter de tomber, soit elle abandonne le combat et se laisse tomber dans le vide.

Cette image me semblait parfois refléter la situation de notre psyché, qui habite la paroi intérieure de la peau, et regarde l'intérieur de l'être, c'est à dire le vide inconnu de l'obscurité sans fonds.

La psyché connaît cet épisode et sait qu'elle est " remontée" une fois de ce fonds, pour constituer son être, de cette première chute ex utero. Véritable baptême qu'on voudra faire revivre à l'enfant. Lors de cette catastrophe initiale de la naissance, le ressenti de la chute a coïncidé avec un bouleversement tel des repères biologiques du fœtus qu'on peut le comparer à une sorte d'anéantissement du monde extérieur, donc du monde. En gros, une mort.

Par la récupération progressive des repères biologiques (espace par la vision et la posture), par les expériences de défusion que l'on sait, l'individu va alors " récupérer " sa sensation d'être et constituer son sujet.

Il va alors constituer le petit surplomb qui permet à son être psychique d'habiter son corps, de se ternir à l'intérieur de la paroi de la peau, de la paroi du puits. Pour cela il va coordonner et articuler le sensoriel pour constituer ce " support ontologique".

De là, deux possibilités : soit le sujet plaque le plus possible le dos à la paroi, il habite son corps, mais il reste paralysé, figé par la peur de tomber (donc de mourir), et quelque part, il " vit immobile", paralysé par cette angoisse qui veille sur le moindre de ses mouvements. C'est ce qu'on appelle " l'instinct de conservation".

Mais il existe une autre possibilité, ouverte par la fascination exercée par le vide, fascination qui va grandissant lorsque grandit l'horreur de la certitude que, le corps faiblissant, on tombera de toute façon un jour dans le vide du trou noir, dans le néant, dans ce nouvel abolissement déjà éprouvé à la naissance.

D'où la tentation de sauter volontairement pour en finir, tentation latente à l'état de pulsion de mort, et mise en oeuvre dans le passage à l'acte suicidaire, qui consiste à prendre le taureau par les cornes, et à préférer affronter cette terreur quelques secondes, de la " prendre à bras " le corps, plutôt que de la subir plus longtemps.

C'est le côté ludique de la roulette russe. Le suicide d'appel, ou celui qui en appelle encore à la vie pour exiger quelque chose à propos de l'insatisfaction, diffère en cela il me semble de la fascination à rejouer cette expérience de la naissance en se disant " après tout, la dernière fois, ça s'est plutôt bien passé".

D'où la foi en la résurrection, cette vision de la mort comme un nexus, un siphon, un passage. Qui est effectué par un nocher, à travers l'élément liquide de la poche des eaux, le fleuve des enfers.

 Je sais que ce rêve n'est pas rare, voire très courant, d'une chute continue. Il faudra y revenir. Ce que je voulais dire ici, c'est que les deux possibilités ouvertes ci-dessus, la chute par épuisement physique, ou le saut par épuisement moral, pour échapper à l'anticipation dévastatrice de la première, ces deux possibilités donc peuvent être mis en regard de deux catégories de pensées.

L'erreur
et la faute.

Le simple énoncé des mots ne parvient pas à les désambiguïser. tant elles sont voisines. Mais l'on sait que c'est une faute et non une erreur, qui nous valut l'expulsion hors du paradis.
L'erreur nous vaut la chute, la faute l'expulsion. Pouvons-nous associer l'une au saut volontaire et l'autre à l'épuisement ? Pas facile...

Lorsque la vilaine Guillemette profère " Et si nous étions... l'Erreur", il veut dire que nous serions l'incarnation, la réalisation ontologique de ce qui ne peut pas arriver : la matière se contemplant consciemment en tant que matière.
En effet, il y a deux attitudes logiques : je contemple la matière, mais depuis une conscience qui est pur exprit, et crée la matière (Dieu, au hasard). Ou alors je suis la matière, et je ne le sais pas (le reste de la création). Mais il y avait une catégorie de la création qui résistait à l'instanciation, c'était l'Erreur. Pas d'erreur possible dans la création, c'eût été le grain de sable, qui rayait toute la mécanique.
A moins que, à moins de créer un être tout de matière, tout de chair, et conscient de l'être. La chose qui ne peut théoriquement pas être, et donc capable d'instancier la catégorie de l'Erreur.

A ce moment là, nous entrons dans la conscience, au moment où notre cortex est suffisamment organisé, par un plongement dans le monde en 3D orienté par la gravitation. Et nous y entrons par cette erreur de passer à la vie consciente.
C'est ensuite que cette erreur sera moralisée, en accédant au statut de faute, dans un monde moralisé, orienté par les gradients de la causalité.

D'où le statut de " faute ambiguë " du suicide. Certes répouvé par les instances morales, on le sait cependant de même nature que cet engagement primordial qui nous a donné accès à la vie par la conscience (la vie sans la conscience n'est que de la viande), qui a consisté à sauter dans le vide.

Au moment de la naissance, nous n'avons de toute façon pas la volonté psychique de s'opposer à la descente dans le toboggan, seul un choc traumatique peut verrouiller la psyché à l’intérieur de l'autisme.

Mais n'empêche que nous expérimentons là une sorte d'acquiescement primitif. Au moment de tomber, on met bien les bras en croix, on se positionne et on se prédispose à bien aborder des choses, ou alors on se recroqueville en fermant les yeux.

 Il serait intéressant de voir? en comparant à leur comportement durant l'enfance, si certains enfants ne " refuseraient " pas déjà la naissance en se présentant par le siège etc.

Bien. Du coup, je ne sais plus ce que je voulais dire.